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Sauvons la RDC : Le Ministère de l'Intérieur saisit le Conseil d'État pour la dissolution de partis politiques suspendus

Le Ministère de l'intérieur continue de sévir après la création de la plateforme politique de l'opposition « Sauvons la RDC » . Dans un communiqué, Jacquemin Shabani, le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, a annoncé la suspension des activités de plusieurs partis politiques sur l'ensemble du territoire national, ainsi que la saisine du Conseil d'État en vue de leur dissolution.
Suspension et saisine pour dissolution
Le Ministère de l'intérieur justifie cette mesure par la « violation des principes de consolidation de l'unité nationale, de préservation de la souveraineté de l'État congolais, ainsi que la préservation de la sécurité et de l'intégrité du territoire national ». Cette décisions s'appuie sur l'article 5 de la loi n° 04/002 du 15 mars 2004 relative à l'organisation et au fonctionnement des partis politiques.
Les partis concernés sont notamment : « le PPRD, LGD, Piste pour l'Emergence, AAP, UDA, MPCR, ATD, COFEDEC, PNEC, MLP, UPC et ADCP ».
Suivant les articles 29, 30 et 31b de la loi sur le fonctionnement des partis politiques, le Ministère a saisi le Conseil d'État pour obtenir « la dissolution de ces formations politiques ».
Le Gouvernement, par la voix du Ministère de l'Intérieur, réaffirme sa « détermination inébranlable à restaurer l'autorité de l'État » et appelle tous les partis à exercer leurs activités « dans le respect strict de la Constitution, des lois et règlements, de l'ordre public, et des principes de démocratie pluraliste, d'unité et de souveraineté nationale ».
Contradiction soulevée par l'opposition
Cette décision a immédiatement suscité des réactions vives au sein de l'opposition. Jean-Baptiste Kasekwa, vice-président de l'Ecide, y voit une « décision contradictoire ».
Paradoxe des négociations à Doha
Jean Baptiste Kasekwa Kasekwa s'interroge sur la légitimité de la démarche du Gouvernement, alors que ses propres délégués sont en négociation à Doha avec l'AFC/M23, une coalition que le Gouvernement lie à l'ancien Président Joseph Kabila.
Selon lui, si les affiliations de ces partis justifient la dissolution , « il devrait dissoudre également les partis de l'Union sacrée (principalement l'UDPS), dont sont issus les négociateurs de Doha ».
Il pointe du doigt les clauses des discussions de Doha qui, selon lui , « portent atteinte à l'intégrité territoriale de la RDC », et appelle la justice à se saisir également de « tous ceux qui engagent la République dans ce cadre ».
Crispation Politique
Le Vice-président de l'Écide de Martin Fayulu dénonce, par ailleurs, une mesure qui « crispe davantage l'environnement politique » au lieu de favoriser la décrispation politique, pourtant nécessaire à l'heure de l'agression et de l'occupation, période durant laquelle la majorité des partis se prononce pour un dialogue national et inclusif.
Il rappelle que la Déclaration de Doha du 19 juillet 2025 ayant prévu « des mesures de confiance comme la libération des prisonniers politiques », cette décision ne respecte pas cet engagement pris à Doha.
Risque d'humiliation
Il émet le doute que ces mesures de suspension et de dissolution soient durables, estimant que le gouvernement sera « obligé de revenir sur ses décisions dans le cadre d'un futur dialogue national », s'interrogeant sur l'intérêt de prendre des mesures éphémères. Pour lui, prendre une telle mesure pour être contraint d'y revenir à l'issue d'un éventuel prochain dialogue sera une humiliation.
Une décision conforme à la loi, selon l'UDPS
En réponse, la majorité présidentielle défend la légalité de la démarche. Déo BIZIBU, Secrétaire Général Adjoint de l'UDPS-Tshisekedi, soutient que le Vice-Premier Ministre en charge de l'Intérieur agit en vertu de la loi.
Il rappelle que « Joseph Kabila a été condamné à mort pour trahison. Par conséquent, quiconque s'allie à lui trahit le pays ». Pour Déo Bizibu, « l'accès au pouvoir ne peut justifier une alliance avec un traître condamné ».
Il insiste sur le fait que « le Président Tshisekedi est le garant de l'État de droit, laissant chaque institution jouer son rôle. La saisine du Conseil d'État est donc une démarche légale. Le VPM de l'intérieur agit en vertu de la loi. C'est comme ça qu'il saisit la justice pour que la justice intervienne. Donc il agit conformément à la loi ».
Déo Bizibu conclut en invitant tous les partis lésés par cette mesure « à saisir la justice car elle seule tranchera ».
Auteur

Dieumerci Lusakumunu
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